« LA VIEILLE » 

Une sculpture inspirée par la nature et une chanson de Michel Sardou 


Tout a commencé par une rencontre avec un morceau de bois flotté. 

Au premier regard, sa silhouette de profil m’a évoqué celle d’une vieille dame, légèrement courbée par les années, comme si le temps avait doucement marqué son corps. 

Ce bois raconte déjà toute une histoire.

Ses sillons horizontaux, au niveau de la tête, m’ont fait penser à une chevelure ancienne, tandis que ses stries et ses reliefs verticaux dessinent les contours de son corps. 

Façonné au fil du temps par l’immersion dans l’eau, les mouvements des vagues et les chocs avec d’autres éléments naturels, il porte les traces d’une longue existence.

La nature avait déjà sculpté l’essentiel : il ne me restait plus qu’à révéler le personnage qui s’y cachait. 

Cette silhouette m’a immédiatement rappelé une chanson de Michel Sardou, La Vieille, et ces mots qui évoquent avec tendresse une vieille dame portant des cerises sur son chapeau, comme pour se persuader que l’été est encore là. 

C’est ainsi que mon personnage a pris vie. 

Pour lui donner son allure, j’ai réalisé un chapeau à partir d’une rondelle de métal récupérée. Je l’ai agrémenté de deux petites billes de roulement et de deux feuilles façonnées dans une chute de tôle, avant d’assembler l’ensemble par soudure. Ces quelques détails apportent une note de fantaisie et rappellent l’image de la vieille dame de la chanson. 

Puisque le bois dessine un profil, un seul bras était nécessaire. Je l’ai façonné à partir d’un petit morceau de métal rond, que j’ai martelé pour lui donner la forme souhaitée. Au bout de sa main, un cadenas récupéré devient un petit sac à main, accessoire insolite qui ajoute une touche d’humour et d’originalité à la sculpture. 

L’ensemble repose sur une simple plaque métallique qui sert de socle. 

« La Vieille » est née de cette rencontre entre la nature, le souvenir d’une chanson et mon imagination. Je n’ai pas cherché à transformer entièrement le bois, mais plutôt à respecter sa forme, ses marques et son histoire, en y ajoutant quelques éléments métalliques de récupération. 

À travers cette œuvre, je souhaite rendre hommage au temps qui passe, aux traces qu’il laisse sur les êtres et les choses, mais aussi à ces petits détails qui donnent encore du charme à la vie. Car derrière cette silhouette un peu voûtée se devine une présence attachante, avec son caractère, ses souvenirs et, peut-être, une petite envie de croire que l’été n’est jamais tout à fait terminé. 

Pascal Collard.