
« LE PAPET »
« LE PAPET »
En découvrant ce petit morceau de bois flotté, naturellement incurvé comme s’il avait été délicatement cintré, j’ai tout de suite imaginé un personnage. Sa forme particulière m’a rappelé la silhouette d’un vieux monsieur, avec cette démarche un peu courbée qui raconte déjà une histoire, que j’ai choisi d’appeler « Le Papet », en clin d’œil du vieux Papet de Marcel Pagnol, une figure attachante, marquée par le temps et par les souvenirs.
Pour lui donner vie, j’ai associé le bois flotté à différents éléments de récupération métallique. À une extrémité, j’ai créé sa tête à partir d’une bille de roulement, légèrement redressée vers le ciel. Elle est coiffée d’un chapeau réalisé avec une rondelle façonnée et soudée à un écrou, donnant à l’ensemble un caractère à la fois rustique et mécanique.
À l’autre extrémité du bois, un écrou borgnes coupés en deux devient ses souliers. Ses bras sont réalisés à partir de morceaux de rond métallique façonnés : l’un se replie naturellement derrière son dos, tandis que l’autre, légèrement fléchi vers l’avant, tient sa fidèle canne. Celle-ci réalisée à partir d’une vis à bois, complète sa silhouette de vieux monsieur.
Pour le support, j’ai détourné l’une des deux plaques d’un ancien gaufrier. Ses petits carrés m’ont fait penser à des pavés, comme si Le Papet avançait tranquillement dans une petite rue ancienne.
Je trouve que les « pavés » apporte vraiment une petite touche narrative à la sculpture : on ne voit plus seulement un personnage, mais presque un vieux monsieur qui se promène dans sa rue.
Avec « Le Papet », j’ai voulu donner une seconde vie à des matériaux qui avaient été oubliés ou destinés au rebut. Le bois, façonné par la nature, rencontre ici le métal, façonné par la main de l’homme. De cette rencontre naît un petit personnage simple et attachant, comme s’il avait attendu patiemment que quelqu’un découvre en lui une nouvelle histoire à raconter.
Pascal Collard.
